« Il va falloir que je montre que je suis là »

 

Avant de partir pour le Tour du Haut-Var où il a vécu samedi le succès de son équipier Samuel Dumoulin et a lui terminé 20e, le grimpeur ruthénois de 28 ans nous avait reçu chez lui dans la semaine pour évoquer le début de saison et ses objectifs en 2017. Entretien.

Comment se sont passés vos premiers pas en course avec votre nouveau maillot AG2R-La Mondiale ?

Ça s’est bien passé. On voit qu’il y a une équipe avec un gros potentiel, un groupe très homogène. Même si on s’est un peu loupé à La Marseillaise, dans la manière de courir le final. Mais à Laigueglia (course d’un jour en Italie, NDLR), la semaine dernière, on a bien couru, même s’il a manqué un résultat. Il faut encore prendre des automatismes. Mais mon intégration s’est très bien passée.

Et comment sont vos sensations en ce début de saison ?

Autant lors de La Marseillaise, j’étais déçu, je me disais qu’il y avait encore du boulot. Autant, en Italie, j’ai vu que ça revenait bien (12e, NDLR). J’ai réalisé aussi de bons entraînements la semaine précédente. La forme commence à arriver.

Vous êtes devenu l’heureux papa d’une petite Tessa en tout début d’année. On imagine les nuits blanches, le rythme de vie qui change… Pas trop dur de se tenir en forme du coup ?

(Rires) Heureusement qu’il y a Lucie (la maman, NDLR). C’est sûr que je lui dis « merci ». Car ça fait aussi partie du métier de bien dormir et de récupérer. Ensuite, c’est une question d’organisation. Pour le moment, ça se passe bien.

Vous parliez tout à l’heure d’une intégration réussie. Votre ancienne formation, la FDJ, comme votre nouvelle, AG2R, sont deux équipes françaises. Mais, de l’intérieur, qu’est-ce qui les différencient ?

Ce qui m’a vraiment frappé, c’est l’homogénéité du groupe. Il est vraiment très fort et tout le monde a un gros niveau. Il y a moins d’écart (entre les coureurs, NDLR) qu’à la Française des Jeux. Sur la façon de courir, c’est peut-être plus ouvert. Dans le sens où c’est moins axé sur un seul coureur avant le début de la course. C’est plus ouvert en fonction des sensations et des circonstances. C’est peut-être aussi des stratégies de course plus collectives qu’à la FDJ.

Quel est votre programme de courses à court terme (entretien réalisé jeudi, NDLR) ?

Après le Tour du Haut-Var, direction le Tour de Provence de mardi à jeudi. Ensuite, ce sera Strade Bianche (Italie), Tirreno Adriatico (Italie) et le Tour de Catalogne (Espagne) à la fin mars. Après, Tour du Trentin (Italie) et Giro (Italie) en mai.

Le Tour d’Italie, on imagine que vous en avez déjà parlé avec vos dirigeants et dans l’équipe…

Un peu oui. C’est encore loin. Donc c’est encore flou sur l’organisation, sur qui sera présent. Et même moi, il va falloir que je montre que je suis là avant le Giro.

On est très tôt dans la saison, mais vous ne pouvez pas y échapper. On veut évidemment évoquer le Tour de France, qui passera qui plus est chez vous à Rodez. Êtes-vous déjà tourné vers ce fameux doublé Giro-Tour ?

C’est encore très loin pour en parler. Déjà, la priorité pour l’heure, c’est que je réussisse un bon Giro. Et après, je mettrai tout de mon côté pour bien récupérer et essayer d’être au Tour. Et y être en forme.

Votre ancien leader, Thibaut Pinot, a choisi cette année de participer au Tour d’Italie, pas le nouveau Romain Bardet.

Vos programmes de courses sont d’ailleurs bien différents ?

Ils sont vraiment différents, oui. En ce moment, il est au Tour d’Oman et il fera Paris-Nice. Ensuite, il fera Romandie et les Ardennaises, donc on ne va pas du tout se croiser en début de saison. Mais ce n’est pas forcément un gros problème.

On sait que même si la « connexion » entre un équipier et un leader est moins capitale chez les grimpeurs que dans une organisation de sprint, elle reste importante. Avez-vous déjà évoqué certaines choses à ce sujet avec Romain Bardet ?

Non. On n’en a pas parlé. Mais c’est bien défini et c’est pour cela qu’ils (ses dirigeants, NDLR) m’ont pris. Si je fais le Tour, ça sera pour rouler pour Romain Bardet. Car l’année dernière, il fait deuxième du Tour mais, en fait, il était souvent isolé en haute montagne. Ça serait pour l’épauler à ce moment-là.

Source : www.centrepresseaveyron.fr